Crédit à la consommation : la crise modifie la mission assignée aux suites progicielles

Par Alain Mattei, Directeur de l’activité Leasing & Crédit, Linedata

Alain MatteiL’environnement réglementaire et économique actuel a radicalement modifié la donne, pour les établissements de crédit à la consommation.
D’un côté, l’application des accords de Bâle 3 relatifs au suivi des risques opérationnels amène ces derniers à allouer une part significative et croissante de leurs fonds propres à leur activité traditionnelle. En cause, la multiplication des défaillances accroît le risque inhérent à leur métier, poussant en retour les autorités de tutelle à leur demander des ratios prudentiels toujours plus exigeants.
L’enjeu est de taille. Alors que les anciennes règles prudentielles imposaient de couvrir les seuls activités à risque, ce sont désormais toutes les opérations courantes qui doivent être désormais couvertes. De 7%, le ratio de couverture atteint désormais jusqu’à 15% ! Au total, c’est à hauteur de près de 100 milliards d’euros que le secteur bancaire est contraint de se recapitaliser pour respecter ces nouvelles normes prudentielles.

De l’autre côté, la dégradation de l’environnement économique et financier a de facto baissé la qualité d’une partie des actifs sur lesquels étaient investis les fonds propres des banques. C’est donc à deux contraintes simultanées que sont confrontés les acteurs du secteur : la contrainte externe (prudentielle) impose la conformité avec des règles durcies, la contrainte interne conduit à la fois à assainir les bilans, à réduire le refinancement de leurs filiales de crédit (crédit à la consommation et leasing), voire dans certains cas à en envisager la cession (en dépit d’un ROE comparativement élevé).

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